Les aérosols bactériens de l’air intérieur et effets sanitaires

Les aérosols bactériens de l’air intérieur et effets sanitaires

Publié le 23/02/2018


La pollution de l’air intérieur constitue un véritable problème de santé publique du fait de la prévalence des maladies engendrées et des coûts élevés de prise en charge. Le risque pour la santé réside d’une part, dans la durée de l’exposition aux polluants chimiques, physiques et biologiques présents en environnement intérieur et d’autre part dans la vulnérabilité de larges catégories de la population générale (enfants, personnes âgées, femmes enceintes, etc.).

Or, dans les pays industrialisés, on passe plus de 90% de notre temps dans des espaces clos ou semi clos (habitat, crèches, écoles, locaux de travail, transports, espaces de loisirs). A ce propos, l’étude européenne EXPOLIS sur le budget espace-temps de plusieurs villes d’Europe dont Grenoble [1] a montré que les Grenoblois déclarent passer en moyenne 14,67 heures dans leurs logements, 6,73 heures à travailler en environnement intérieur et 2,22 heures dans d’autres environnements intérieurs soit plus de 98% de leur temps passé en milieu clos.

L’air intérieur peut contenir une multitude d’agents délétères pour la santé humaine. Il peut s’agir d’agents chimiques : monoxyde de carbone, formaldéhyde et de benzène par exemple. Mais d’autres agents, en particulier biologiques, existent en sont multiples : allergènes (acariens, pollens, de chat et de chien), moisissures, bactéries et virus. Ces agents biologiques appelés « bio-contaminants », du fait de leur contamination de l’air intérieur, impactent ainsi la santé humaine, en particulier la santé respiratoire.

Les aérosols bactériens sont présents de manière ubiquitaire dans notre environnement, et peuvent avoir une origine animale au sens large. Le lien entre bactéries, pathologies respiratoires et atopie est encore une importante voie de recherche. Cependant, la théorie hygiéniste [2], selon laquelle être exposé durant l’enfance à une grande diversité d’agents biologiques orienterait le système immunitaire vers une réponse non-allergique aux stimuli antigéniques, est favorisée par la communauté scientifique. Ainsi, il a été prouvé que les enfants élevés dans les milieux agricoles, exposés à une plus grande diversité d’agents biologiques seraient moins sujets à l’atopie que les enfants issus d’un milieu plus urbain ou périurbain. Ce phénomène concernerait aussi les allergènes de manière générale [3].

Dans l’environnement intérieur, les bactéries se trouvent sur généralement toutes les surfaces et sont en étroite relation avec le microbiome humain. Les bactéries sont aussi présente dans l’air des environnements intérieurs, que ce soit en intérieur ou extérieur et en plus grande proportion à l’intérieur [4].

Les paramètres de présence bactérienne sont nombreux, et si la présence d’êtres humains, d’animaux domestiques ou d’empoussièrement sont des sources de bactéries en air intérieur, la ventilation joue elle aussi un rôle prépondérant. Les bactéries aéroportées, en haute concentration, ont été reliées à des symptômes respiratoires chroniques. Les avancées technologiques les plus récentes ont permis de définir des risques atopiques selon l’espèce bactérienne [5]. Récemment, un autre règne du vivant, proche des bactéries ; les archées, a été étudié comme bioaérosol pouvant causer des pathologies des voies aériennes.

EXPERTISE IGIENAIR

IGIENAIR dispose d'un pôle R&D qui développe un service de système connecté capable de détecter en temps réel les particules bactériennes ou plus communément les bioaérosols en suspension dans l’air.

[1] C. Schweizer, R.D. Edwards, L. Bayer-Oglesby, W.J. Gauderman, V. Ilacqua, M. Juhani Jantunen, H.K. Lai, M. Nieuwenhuijsen, N. Künzli, Indoor time–microenvironment–activity patterns in seven regions of Europe, J. Expo. Sci. Environ. Epidemiol. 17 (2007) 170–181. doi:10.1038/sj.jes.7500490.
[2] D.P. Strachan, Hay fever, hygiene, and household size, BMJ Br. Med. J. Int. Ed. 299 (1989) 1259.
[3] S.V. Lynch, R.A. Wood, H. Boushey, L.B. Bacharier, G.R. Bloomberg, M. Kattan, G.T. O’Connor, M.T. Sandel, A. Calatroni, E. Matsui, C.C. Johnson, H. Lynn, C.M. Visness, K.F. Jaffee, P.J. Gergen, D.R. Gold, R.J. Wright, K. Fujimura, M. Rauch, W.W. Busse, J.E. Gern, Effects of early-life exposure to allergens and bacteria on recurrent wheeze and atopy in urban children, J. Allergy Clin. Immunol. 134 (2014) 593–601.e12. doi:10.1016/j.jaci.2014.04.018.
[4] J. Madureira, I. Paciência, J.C. Rufo, C. Pereira, J.P. Teixeira, E. de Oliveira Fernandes, Assessment and determinants of airborne bacterial and fungal concentrations in different indoor environments: Homes, child day-care centres, primary schools and elderly care centres, Atmos. Environ. 109 (2015) 139–146. doi:10.1016/j.atmosenv.2015.03.026.
[5] M. Valkonen, I.M. Wouters, M. Täubel, H. Rintala, V. Lenters, R. Vasara, J. Genuneit, C. Braun-Fahrländer, R. Piarroux, E. von Mutius, D. Heederik, A. Hyvärinen, Bacterial Exposures and Associations with Atopy and Asthma in Children, PLoS ONE. 10 (2015) 1–14. doi:10.1371/journal.pone.0131594.

Photo auteur Yanis GUENOUNE

Yanis GUENOUNE

Ingénieur R&D

Ingénieur R&D chez Zaack (Groupe IGIENAIR).

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