Comprendre les chiffres de la pollution de l'air

Comprendre les chiffres de la pollution de l'air

Publié le 22/12/2017


Dernièrement, on entend souvent parler de l'impact de la pollution atmosphérique et de la qualité de l'air intérieur. Cet impact est chiffré en euros. Pourtant la santé n'a pas de prix ?! Ou ce n'est plus vrai dans ce monde dirigé par l'économie ?
L'impact de la qualité de l'air est évalué sous deux formes : coût sanitaire et coût socio-économique.

Le coût sanitaire :

  • La pollution atmosphérique cause 3.7 millions de décès prématurés par an dans le monde, 520 400 dans 41 pays du continent européen dont 467 000 sont attribués aux PM2.5 et 48 000 pour la France (3ème cause après le tabac et l'alcool).
  • La pollution de l'air intérieur est responsable de 4.3 millions de décès prématurés par an dans le monde. L'ANSES évalue que 20 000 décès prématurés sont imputables à seulement 6 polluants trouvés à l'intérieur.

Responsable de plus de 12,5% de la mortalité dans le monde et 9% en France, la qualité de l'air intérieur est devenue un enjeu public. L'évaluation économique des coûts et des bénéfices reliés à la qualité de l'air est devenue une démarche nécessaire pour aider les décideurs à prendre les meilleures initiatives publiques.

Le coût économique :

  • La pollution atmosphérique : 3 600 milliards d'euros dans le monde, 1 400 milliards d'euros pour les 53 pays européens allant de l'Islande au Kazakhstan selon l'Organisme Mondial de la Santé (OMS) et l'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) dont 100 milliards pour la France selon le Sénat.
  • La pollution de l'air intérieur : 20 milliards d'euros en France. 5 000 euros depuis que vous avez débuté la lecture de cet article d'après l'étude de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), soit 653 euros par seconde.

Il s'agit ici de sommes astronomiques et d'un vrai fardeau pour nos économies. Mais d'où viennent ces chiffres ? Comment sont-ils calculés ? Sont-ils vrais ? Malheureusement oui ! Et tout indique que ces coûts restent encore largement sous-évalués.

Le coût sanitaire de la pollution est évalué en 2 étapes. La première consiste à évaluer l'impact sanitaire des polluants atmosphériques. En s'appuyant sur les études épidémiologiques, on détermine la relation entre le polluant et certaines pathologies. Ensuite, on détermine la part de la maladie liée à la pollution. On obtient ainsi l'impact statistique d'un polluant sur les pathologies d'une population.

La seconde partie du calcul porte sur deux valeurs :

  • L'une abstraite, la valeur d'une vie statistique (VSL). Cette notion utilisée en philisophie et en économie consiste à transposer la valeur d'une vie humaine en monnaie. C'est un concept collectif basé sur le principe de consentement à payer : combien les individus sont prêts à payer pour une faible réduction du risque de mourir de maladies qui peuvent être causées par la pollution de l'air et non pas pour sauver sa vie dans une situation de mort certaine. Cette valeur varie en fonction des zones géographiques et des cultures. Les Etats Unis recommandent une VSL de 9 millions de dollars. L'OCDE recommande quant à lui l'usage d'une référence entre 1.5 et 4.5 millions de dollars. En France, elle est évaluée à 4 millions d'euros.
  • La seconde très concrète consiste à sommer les frais de l'assurance maladie pour une pathologie donnée : frais d'hospitalisation, arrêt de travail, médicaments, pension d'invalidité versés pour soigner une pathologie. A titre d'exemple, le coût annuel moyen du traitement d'un cancer bronchique se situe entre 20 000 et 27 000 euros en France. L'ANSES estime que 2 000 cancers des poumons sont imputables à la QAI et plus particulièrement aux particules fines ou au Radon.

Pour évaluer l'impact de la pollution de l'air extérieur, il conviendra d'ajouter à ce lourd coût médico-économique, les coûts non sanitaires : impact sur les rendements agricoles, sur la dégradation accélérée des constructions...

En bref, la méthode semble éprouvée... Et pourtant ! les études épidémiologiques sont longues à mener, elles ne tiennent pas compte des pics récents de particules fines, de la multiplication des polluants, des effets "cocktail" d'association de polluants... On doit donc s'attendre à une hausse continue de ce coût jusqu'à une amélioration notable de la qualité de notre air intérieur.

Et pendant ce temps, l'agence de la protection de l'environnement de l'administration Trump tente d'abroger le "Clean Power Plan" et remet en question le coût humain de la pollution atmosphérique... Peut-être est-ce toujours vrai, la santé n'a pas de prix.

Photo auteur Nicolas Glatt

Nicolas GLATT

Zaack Co-founder

CEO and Zaack Co-founder.

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